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Article du Jeudi 24 juillet 2014
18h28 - Le matériel (1/8). 1. Le vélo Cet article est le premier d'une série consacrée au matériel que j'utilise. Ces articles pourront être utiles à d'autres voyageurs.
J'utilise depuis janvier 2014 le vélo VTC Fahhradmanufaktur TX800 (à la lecture du nom, vous aurez deviné d'où il vient...). L'an dernier j'utilisais mon vélo de course avec la remorque Bob Yak, mais j'ai eu beaucoup trop de problèmes avec le vélo.
Cadre et fourche
Il y a peu de différences entre un bon cadre en acier et un cadre en aluminium. Le principal avantage annoncé de l'acier et que c'est facilement réparable partout dans le monde mais personnellement je ne suis jamais parvenu à casser un cadre et n'ai jamais rencontré de cycliste à qui ce soit arrivé. L'acier serait aussi plus souple que l'aluminium. Un bon cadre acier ne serait guère plus lourd qu'un bon cadre en alu car les tubes sont plus fins...J'utilise un cadre et une fourche en acier CrMo car c'est un cadre de ce type qui équipait le vélo que j'ai acheté, mais si j'avais pu choisir j'aurais certainement choisi un cadre en alu à cause du gain de poids.
Roues
J'utilise des roues de taille 28 pouces (taille vélo de course), qui auraient l'avantage d'être plus rapides que des roues de taille VTT. Jantes Exal MX19, je recommande! Ma roue arrière supporte sans problème un poids de 100-120 kilos sur des chemins cabossés. Pneus Schwalbe Marathon, des classiques du voyage à vélo : une seule crevaison en 5000 kms. Avec des Schwalbe Marathon, Alain Rimondi a réalisé un tour d'Europe de 15 000 kilomètres sans jamais crever!
Dynamo
Dynamo de marque SON intégrée dans le moyeu de la roue avant. Difficile de mesurer les différences avec la marque Shimano mais j'apprécie cette dynamo haut de gamme : en marchant avec le vélo à côté de moi j'ai déjà un très bon éclairage. Si vous roulez souvent de nuit ou si vous chargez des appareils en roulant, je recommande!
Eclairage
Phares de marque Bush and Muller. Le phare avant envoie 60 LUX, c'est très puissant! Et très visible par les autres usagers de la route. Le phare arrière est relié électriquement à la dynamo par passage de câble dans le cadre (donc pas besoin de piles, et bénéficie de la puissance de la dynamo).
Selle
J'utilise depuis juin 2014 la fameuse selle Brook B17 en cuir. Il est trop tôt pour en faire un retour. Il semblerait que ça fasse réapparaître mes problèmes de dos (scoliose) : le côté gauche de la selle s'est affaissé, mais pas le côté droit, il en résulte un mal de dos régulier. A suivre...
Transmission
Shimano Deore XT 30 vitesses. C'est le haut de gamme Shimano, les vitesses passent très bien c'est très agréable, mais ce n'était pas forcément indispensable. Une chaîne et des cassettes en XT coûtent cher et je dois changer souvent. La gamme LX aurait été suffisante. Le système Rolhoff (boite de vitesse dans le moyeu arrière) aurait été rentable sur du très long terme, mais à 700 euros minimum de supplément de prix il faut déjà un paquet de cassettes et de chaines pour le rentabiliser. Plus lourd, trop cher, j'ai abandonné l'idée. Petite remarque pour le Shimano XT, de nuit on ne voit pas sur quelle vitesse et plateau on roule, si la petite bande rouge qui indique les vitesses aurait été jaune fluo (ou mieux, éclairée avec petite pile...) ça aurait été mieux. Pour le prix que ça coûte on devient exigeant!
Freins
Freins hydrauliques à patins de marque Magura. Aucun doute c'était le bon choix. La différence de freinage par rapport aux V-Brake est importante sans avoir les inconvénients des freins à disque (poids et risque de problèmes). Je recommande ces freins pour un long voyage. Ne négligeons pas la sécurité!
Portes-bagages
Marque Tubus, en acier. Rien à redire j'ai parfois une quarantaine de kilos à l'arrière et il n'y a jamais eu de problème (c'est mieux que les porte-bagages qui se fixaient sur la tige de la selle...).
Caractéristiques complètes du vélo sur le site du constructeur : http://www.fahrradmanufaktur.de/katalog/expedition/TX-800-Shimano-Deore-XT-30-Gang
1599 euros pour ce vélo, c'est le meilleur rapport qualité/prix pour du voyage au long cours (la selle Brooks à 90 euros n'équipait pas le vélo à l'origine).
Accessoires
Transformateur
Busch&Muller E-werk. Il s'agit d'un petit dispositif qui permet de transformer les caractéristiques intensité/tension du courant qui arrive de la dynamo (après une dérivation entre la dynamo et le phare avant) en un courant réglable en tension et intensité (jusqu'à 12V, soit la tension des allume cigare de voiture). Très facile à régler, j'ai mis 5V et 500mA (normes USB). Fourni avec différents types câbles, j'ai mis donc opté pour une sortie USB. Il me permet de recharger de nombreux appareils à la force des jambes et ainsi d'économiser la batterie de l'ordinateur : téléphone, GPS (le plus souvent), tablette, appareil photo, enceintes stéréo, guirlande lumineuse l'hiver, frigo l'été dernier, ou même des piles AAA peuvent être alimentés en roulant. Cependant je préfère toujours, si j'ai le choix, recharger mes appareils sur le courant domestique car en dessous d'une certaine vitesse (environ 10 km/h) cela ne charge plus et c'est mauvais pour les batteries d'être chargées par à-coups. Parfait pour des étapes plates. Il faut environ 3h30 de vélo pour 12 h d'autonomie du GPS, et 2h de vélo pour la batterie du téléphone (Samsung Galaxy Young). Attention à bien protéger les connexions USB contre la pluie.
Panier
Je ne reviendrai jamais à un système de sacoche avant d'une capacité maximale de 5 litres. Mon panier amélioré me permet d'avoir à portée de main la nourriture de la journée, des espaces de rangement personnalisés pour le téléphone, le couteau opinel, les lunettes de soleil, et autres choses, un espace pour placer mes enceintes et un support pour la tablette. Il faut faire attention à ne pas mettre des choses qui pourraient s'envoler (j'ai perdu un bonnet dans une descente). En cas de pluie je mets surtout des fruits (oranges, pommes...) et recouvre les enceintes avec du papier aluminium.
Sacoches
Marque Ortieb. Très chères et fragiles, mais relativement légères et parfaitement imperméables. J'utilise 2 sacoches front roller plus 2*20 litres, 2 arrière back roller plus 2*40 litres en théorie (2*30 litres en pratique car je ne peux pas les utiliser sur toute leur hauteur), un sac Ortlieb Rack-Pack de 89 litres (et 71 cm de long soit 1 cm de plus que ma table...). Capacité totale de 200 litres, donc, panier compris. Le plus souvent je dois placer mon sac à dos par dessus le gros sac noir pour gagner en volume car ce n'est pas suffisant.
Klaxon
En forme de poire acheté à Décathlon. Le son est rigolo et fait toujours sourir les passants et rire les enfants. Audible par les voitures, audible de loin...
Rétroviseur
Je n'ai jamais réussi à régler mon petit rétroviseur. Ma position parfois couchée (coudes sur le guidon, mains au bout du panier) m'empêche de le mettre plus haut que les poignées, et plus bas je vois juste mon gros sac. Il n'y a pas de solution dans mon cas. Aux dernières nouvelles j'ai détaché le petit miroir de son support et l'ai placé dans ma trousse de toilette, il me sert à me raser le matin...
GPS
Il faut d'abord signaler que c'est l'un des rares objets (2 ou 3) qu'il me reste depuis mon départ en janvier 2013. Toutes les autres choses ont été perdues ou changées; c'est dire si j'avais très mal préparé mon voyage pour l'équipement! C'est le Garmin Edge 800, un survivant. Rien à dire, je ne pourrai plus m'en passer. Il y a toujours 10 données paramétrables affichées simultanément sur l'écran tactile principal (j'ai choisi distance, distance à destination, temps de parcours, heure, vitesse, vitesse moyenne, altitude, pente de la route, heure du lever et du coucher de soleil) et en faisant glisser l'écran vers la droite ou la gauche il y a encore d'autres données paramétrables (vitesse maximale, pouls, pouls moyen, charge batterie, intensité signal, montée et descente totales, etc), et la carte. J'ai la cartographie City Navigator Europe avec toutes les rues et routes d'Europe et la magnifique carte Topo France (données IGN aux 1/25000) achetée pour mon tour de France en 2011. J'utilise aussi une ceinture cardio-fréquencemètre qui était en option du GPS. Confortable et pas très chère (50 euros) je l'avais prise pour étudier mon pouls moyen en fonction de mon alimentation mais finalement j'ai estimé que l'émission d'ondes électromagnétiques à hauteur de poitrine toute la journée et tous les jours serait sans doute plus dangereuse pour la santé que les bénéfices que je pourrais tirer de cette étude. Je l'utilise très rarement.
Support tablette
La tablette (Samsung Galaxy note 8) au dessus du panier est très appréciée lorsque je roule de nuit car cela fait de la lumière supplémentaire, et un petit concert en roulant cela donne toujours la pêche. Elle sert aussi pour m'afficher le profil altimétrique de l'étape et diffuser de la musique dans mes enceintes stéréo. Mais son principal avantage est de me faire gagner de l'autonomie sur l'ordinateur, vu qu'elle rempli beaucoup de fonctions similaires et qu'elle est rechargeable en USB sur le vélo ce qui n'est pas le cas de l'ordi.
Enceintes stéréo
Ihome iHM79. Puissantes! (2*3watt). En tout cas bien suffisemment pour avoir du bon son, et on entend toujours les voitures ce qui ne serait pas le cas si j'utiliserais des oreillettes. Batterie intégrée rechargeable en USB avec une bonne autonomie (au moins 10 heures).
Personnalisation
Autocollants avec les drapeaux des pays européens et d'autres choses (Swaagshirt rue du lycée à Besançon). Plaque d'immatriculation améliorée au fil du temps, j'étais parti avec feuille en papier collée sur du carton et enroulée dans une pochette plastique, puis sur l'île de Tenerife un petit commerçant m'avait découpé et bricolé gratuitement un système dans un matériau plastique aux qualités surprenantes, rigidité et incassable (se plie si je pose mal mon vélo mais ne casse pas). Impression et plastification améliorés ensuite à Bordeaux. Fixation en dessous du phare arrière par fil de fer plastifié.
Article du Samedi 12 juillet 2014
18h47 - Collection Il faut bien collectionner quelque chose dans la vie, moi en tant que conducteur de véhicule lourd je collectionne depuis mai 2013 les panneaux de signalisation poids lourd. Et je suis à la recherche du numéro 17, alors si vous le voyez, dites-le moi et je ferai peut-être un détour pour le prendre en photo. Mais à vrai dire, je préférerais vous l'échanger contre d'autres numéros car j'ai beaucoup de doubles. Alors soyez attentifs au bords de routes, et ne loupez pas le 17 ou le 27!
Article du Mardi 8 juillet 2014
02h51 - L'Islande (suite) J'avais prévu de débuter mon tour d'Islande par le sud mais finalement je suis allé à l'ouest pour des raison de direction du vent ce qui m'a avantagé le premier jour, mais moins les suivants : des étapes difficiles mais qui valent le coup. La pluie m'a bloqué deux jours dans un village où j'ai pu voir la victoire de la France contre le Nigéria. Puis à 21h, phénomène rare et qui se produit environ une fois tous les 5 jours : le vent et la pluie ont stoppé en même temps. Comme les prévisions annonçaient un vent défavorable le lendemain j'ai donc enfourché mon vélo à 22h40. A minuit il a recommencé à pleuvoir, de plus en plus fort au fil des minutes, et le vent s'est levé au fur et à mesure que je montais en altitude. J'ai posé ma tente au bord de la route à 2h30 du matin après 45 kilomètres, j'étais trempé jusqu'aux os. Premier gros test pour ma nouvelle tente avec une tempête en pleine nature, c'était impressionnant, je ne me suis pas endormi tranquille, les affaires bien rangées dans les sacoches étanches fermées sous la tente, mais finalement la tente a tenu bon. Le lendemain descente facile puis puis un fjord avec vent favorable puis dans l'autre sens avec vent et pluie de face en avançant pendant une heure à 7 km/h environ. Les 20 kilomètres jusqu'au prochain camping semblaient 200. 3 heures à 6 km/h, l'enfer mais heureusement je trouve rapidement une auberge de jeunesse au bord de la route, et me voila au sec à l'abri du vent; je n'ai plus qu'à observer la tempête depuis l'intérieur du bâtiment. Réserves de nourriture en baisse inquiétante, pas de supermarché, besoin de retourner à Reykjavik pour une histoire de numéro de téléphone suite à la perte de ma carte sim, impossible de voir le 1/4 de finale de coupe du monde France-Allemagne à l'auberge, je retournerai finalement en bus à Rekjvavik avec Nici, une jeune allemande bien sympathique, et nous regarderons le match avec Rebecca, une autre allemande, et Michael, un français, dans une salle de cinéma gratuite. Il y avait deux têtes très souriantes et deux très fermées à la fin du match! Puis dimanche nous avons loué une voiture avec Nici, Rebecca et Ryan, un scientifique américain en pause quelques jours sur l'île après être venu en Islande en voilier en étudiant l'impact des rejets platic sur les océans. L'occasion pour moi de faire en voiture les gros sites touristiques que je n'aime pas faire en vélo : un endroit avec des grandes failles et des paysages uniques, puis un Geysier et des sources chaudes puis une cascade qui est sans doute la plus impressionnante d'Europe, d'une puissance et d'une force inouies, avant de retourner à Reykjavik pour finir la journée dans une piscine qui n'a rien à voir avec les piscines françaises vue que l'eau chaude est gratuite : il y a des bassins à 38°, 40°, 42°, 44° au choix, des piscines plus grandes pour nager, tobogan, hamam, etc...pour moins de 4 euros. L'Islande c'est le paradis pour celui qui aime se baigner et après cela j'aurai bien du mal à retourner un jour à la piscine Lafayette! Un petit mot sur le poids du vélo, j'ai pu peser mon vélo sur une balance au bord de la route. Résultat impressionnant : 150 kilos +-5 kg! Cela était précis car seul cela m'affichait 70 (je pèse 72). Comme mon vélo pèse 16 kg j'en déduis que mes bagages pèsent 62+-5kg, disons plus plutôt 57 avec des réserves de nourriture élevées à ce moment là (4 kilos d'eau et 3 de fruits secs notamment, beaucoup de gaz gratuit laissé par des campeurs au camping de Reykjavik-interdit dans les avions-). Comme j'avais pesé 45 avec des réserves plutôt basses et sans eau en février et bien ça colle. 150 kilos à chaque tour de pédale ça fait beaucoup de kilojoules, de mégajoules ou de gigajoules pour ce tour d'Europe! Avec environ 50kg sur la roue avant et 100kg sur la roue arrière qui est très costaud : aucun rayon n'a encore bougé sur cette roue!
Article du Vendredi 4 juillet 2014
10h58 - Etapes 250-257. Premiers tours de pédale en Islande (351 km L'avion n'a pas atterri à l'aéroport que j'avais repéré sur la carte de Reykjavik, mais, surprise, dans un autre aéroport, 40 kilomètres plus au sud. Mais ce n'est pas bien grave, avec ma clé multi-fonctions j'ai pu remonter le vélo et faire ces 40 kilomètres jusqu'à la capitale en respirant à plein poumons l'air très pur et vivifiant de cette île isolée au milieu de l'Atlantique nord, puis je suis resté quelques jours au camping pour m'acclimater, et prendre des infos pour mon tour sur l'île. Belle surprise, le groupe de musique Massive Attack que j'ai beaucoup écouté cette année se produisait le lendemain de mon arrivée sur une pelouse à côté du camping, la moitié du camping étant d'ailleurs réquisitionnées pour les festivaliers : j'ai écouté le concert depuis l'extérieur de l'enceinte. Ambiance bon enfant au camping, presque exclusivement des voyageurs à vélo ou à pied, je trouve nouveaux amis tous les soirs, et cela est d'autant plus facile qu'il y a beaucoup de français ou québécois. C'est la première fois que je traverse un pays étranger dans lequel je rencontre plus de français que d'allemands. De la préparation il en faut, car l'Islande est un pays très difficile pour la voyageur à vélo. Et ce n'est à pas à cause du relief qui ne sera jamais plat sur une île volcanique. Ni à cause de la pluie qui tombe tous les jours et à laquelle on doit s'habituer : ici une journée de beau temps est une journée sans pluie, et le soleil, ce bon vieux cercle jaune dans le ciel qui m'était familier malgré mes origines franc-comtoises, il ne se montre jamais plus d'une heure ou deux dans les plus exceptionnelles des journées ; c'est l'heure de la semaine où chacun cherchera à faire sécher ses affaires. Je pèle de partout et serai bientôt blanc comme un islandais. La principale difficulté n'est pas non plus liée aux grandes distances entre les magasins d'alimentation (régulièrement plus de 200-300kms) due à une densité de population très faible en dehors de la capitale : 300 000 des 400 000 habitants habitent Rejkjavik et en dehors c'est désertique. Je dois toujours avoir des provisions pour 3-4 jours et bien sûr la qualité et les prix sont bien moins avantageux qu'en France. La difficulté principale n'est pas non plus l'absence de routes goudronnées sur de nombreuses portions du parcours : ces pistes caillouteuses sont le terrain de jeu favori de mon Fahraddmanufaktur TX800, conçu pour ces chemins cabossés. Non, le plus difficile, ici, l'éternel ennemi du cycliste, c'est le vent qui, à l'heure où j'écris ces lignes s'est transformé en une formidable tempête à ne pas mettre à un marcheur dehors et à m'obliger à payer une nuit en auberge de jeunesse après 21 nuits consécutives sous tente. J'essaie d'établir mon parcours en fonction de la carte des vents sur site de météo locale vedur.is mais le vent change tellement vite de direction et les possibilités de ravitaillement telles faibles qu'il est difficile d'établir le parcours uniquement en fonction du vent. Malgré toutes ces difficultés, il y a un tout de même un certain intérêt à venir ici : le dépaysement est garanti sur cette île volcanique et la nature est resplendissante. Il y a des cascades, des oiseaux partout...A ma gauche, des chevaux excités par le vent vont au galop dans un pré et à ma droite des montons broutent paisiblement. Plus loin je m'arrête pour manger une pomme, des oiseaux aux chants très étonnants tournent autour de moi. Puis ils me foncent dessus chacun leur tour en faisant demi-tour un mètre au dessus de ma tête...Des minutes magiques avant que je ne décide de stopper leur petit jeu, ayant peur pour mes yeux (ils avaient des longs becs), et que je ne remonte sur le vélo pour repartir. Ils n'ont pas voulu me lâcher! Ils m'ont accompagné pendant plus d'un kilomètre, se posant sur la route devant moi lors des montées pour m'ouvrir la route, ou tournant dans le ciel autour de moi comme il tournent autour des bateaux de pêche en mer, espérant peut-être que je leur balance des poissons en l'air, ou tout juste heureux d'avoir trouvé un compagnon de jeu dans ces paysages désertiques. Tout cela est bien joli, tout comme les colonies d'oiseaux posées sur les rives et qui s'envolent lors de mon passage, mais passés ces quelques émerveillements on n'en revient vite au quotidien qui est très difficile sur l'île. Le ciel est d'un gris d'une morosité totale et le millésime 2014 du 29 juin est déjà oublier...Après avoir perdu le matin ma carte SIM de Free, ce sont les coutures du dossier de mon siège qui ont lâché un peu plus tard puis sur la route mon pneu Schwalbe Marathon a crevé pour la première fois après 5000 kilomètres sans problèmes et enfin le soir je me suis blessé à un doigt (hémorragie) en montant ma tente! Tout cela le jour de mon anniversaire! Espérons juste que cela ne soit pas de mauvais présage pour cette année numéro 33!
Article du Lundi 23 juin 2014
14h32 - Etapes 241-249. Besançon - Paris (531 kms) J'ai poursuivi mon tour le sept juin après trois semaines d'une pause salvatrice. Après une première boucle au sud de l'Europe suivie d'une boucle au nord puis d'un nouvelle boucle au sud, j'entame une nouvelle boucle,... et devinez où? Au nord! Avec un peu de nouveau matériel : une selle en cuir (la fameuse Brooks B17 très réputée pour des voyages longue distance), un clavier déroulant afin de jouer de la musique, et une combinaison de sport Adidas avec couche gore tex; c'était la combinaison de l'équipe de France de ski nordique lors des JO de Vancouver en 2010, utilisée par le biathlète franc-comtois Gilles Marguet lors de ces jeux : c'est le top niveau chaleur, transpirabilité, imperméabilité et poids. Merci à Isabelle Marguet qui m'a offert cet équipement! J'ai désormais un gros FRANCE imprimé dans le dos avec les anneaux olympiques ce qui me permet de véhiculer l'image de la France et les valeurs de l'olympisme désormais un peu partout en Europe. Pour ce Besançon-Paris je n'ai pas suivi l'itinéraire classique par Dole-Dijon-Auxerre mais plus astucieusement opté par un axe Gray-Chaumont-Saint Dizier, empruntant ainsi pendant 150 kilomètres une parfaite piste cyclable au bord d'un canal qui relie la Saône à la Marne. Une piste très tranquille, calme et plate, et encore et toujours des belles rencontres et l'hospitalité des locaux : le long de ce canal j'ai été doublé par un cycliste, nous avons fait quelques kilomètres ensemble avant qu'il ne m'invite à manger chez lui le midi! Et j'ai dormi dans le camping municipal de Dommarien, avec en prime un record n'Europe niveau tarif: 3,9 euros la nuit, le précédent record de 4,5 euro était d"tenu par un camping portugais. Les sanitaires du camping étaient propres et il y avait un large espace couvert pour s'abriter en cas de pluie! Aussi une nuit en couchsurfing chez Isabelle et ses filles, je fais très peu de couchsurfing (moins de 5 nuits par an) mais c'est toujours bon! L'arrivée à Paris m'a permis de me préparer tranquillement à mon premier vol en avion, à destination de l'Islande, et j'ai également passé une belle journée à parcourir Paris en vélo avec Catherine. Puis est venue l'heure d'aller à l'aéroport, avec un immense carton d'emballage sur mon porte bagages. Au prix d'un allongement du trajet de 50% (+12 kms) entre le camping du bois de Boulogne et l'aéroport Charles de Gaulle, j'ai pu me rendre à l'aéroport en toute sécurité en empruntant 98% de pistes cyclables! Merci Paris. Rentrer pour la première fois dans un aéroport et prendre l'avion avec le vélo ne fut pas trop difficile, quoique...Après avoir enregistré mon bagage en soute, j'ai fini de bricoler mon carton de vélo et j'ai laissé mon super couteau suisse et mon outil multifonctions spécial vélo dans mes poches...Cela n'est pas passé un peu plus tard au contrôle du bagage cabine qui interdit ce genre d'objets. Adieu à ce super couteau 20 fonctions et à cet outil de vélo. Mais catastrophe! Je réalise que je ne vais pas pouvoir remonter mon vélo à l'arrivée à Reykjavik. J'ai besoin du vélo pour me rendre ensuite au camping situé à plusieurs kilomètres de l'aéroport! Les pédales sont démontées et le cintre est tourné dans le sens du cadre...Impossible de transporter mes 38 kilos de bagages plus le vélo démonté en arrivant à 1 heure du matin à Reykjavik! Je décide de sortir de la salle d'embarquement et de retourner au bureau d'Icelandair pour enregistrer un nouveau bagage en soute de 23 kilos juste pour ces deux outils, je me paume quelque chose de bien dans l'aéroport et quand j'arrive au bureau d'Icelandair entre temps les bureaux ont fermé! Aie...Je remonte je fais du forcing auprès des contrôleurs et finalement j'arrive à faire plier la personne qui voulait me confisquer mes outils! Elle garde mon couteau suisse mais me laisse mon outil pour remonter le vélo! La suite fut géniale, grandiose, gigantesque, magique; en grand amateur des sciences et des techniques que je suis c'est avec beaucoup d'émotions que je me suis laissé propulser dans les airs à plus de 300 kms/h pour décoller puis rapidement à plus de 800 kms/h et déjà quelques minutes plus tard je survolais l'Angleterre, les yeux ne quittant pas pendant les trois heures de vol la fenêtre de mon hublot et l'écran de mon GPS de vélo qui fonctionnait dans l'avion en me donnant des indications de position et de vitesse. De la nuit noire quand l'avion à décollé de Paris à 23 heures, le ciel s'est éclairci puis le jour s'est levé au cours du trajet, le décalage est-ouest mais surtout sud-nord de l'appareil ayant rattrapé le soleil : à Reykjavik il ne se passe que trois heures entre le coucher et le lever du soleil et il ne fait donc jamais nuit à cette période d'année. Enfin atterrissage à l'aéroport islandais, et un rapide choc thermique et climatique : je passe de 20 degrés avec du soleil à Paris, à 10 degrés avec de la pluie à Reykjavik. Vivement la suite!
Etape 241. Besançon - Gray. 51 kms en 3h10 (16,1 km/h). Asc. 300m.
Etape 242. Gray – Dommarien. 42 kms en 3h08 (13,3 km/h). Asc. 200m.
Etape 243. Dommarien – Viéville. 84 kms en 5h46 (14,5 km/h). Asc. 400m.
Etape 244. Viéville – Sainte Marie Du Lac Nuisement. 79 kms en 5h16 (15,1). Asc 100m.
Etape 245. Sainte Marie Du Lac Nuisement – Fère Champenoise. 80Kms en 5h56 (13,4 km/h). Asc. 400m.
Etape 246. Fère Champenoise – Crécy La Chapelle. 89Kms en 6h20 (14,0 km/h). Asc 600m.
Etape 247. Crécy La Chapelle – Camping Paris est. 42 kms en 3h05 (13,7 km/h). Asc 200m.
Etape 248. Camping Paris Est – Camping Bois de Boulogne. 26 kms en 2h01 (12,8 km/h). Asc 200m.
Etape 249. Camping Bois de Boulogne – Aéroport Charles De Gaulle. 38 kms en 2h58 (13,0 km/h). Asc 100m.