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23/06/2021 : Saint Claude, France.

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Tour du monde



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Article du Vendredi 22 aout 2014

13h48 - Etapes 279-286 – IS29 - IS35 (550 kms) 

Après une nuit difficile dans la tempête, l'Islande s'est un peu calmée, il y a moins de vent et moins de nuages dans le ciel. Patience et longueur de temps font toujours plus que force et que rage. Après 57 jours d'attente depuis Paris j'ai enfin pu profiter d'une première journée ensoleillée en Islande, suivie par une belle semaine de soleil. L'Islande est bien difficile. C'est une dame capricieuse, souvent de mauvaise humeur et qui ne dévoilera jamais ses charmes sur commande. Mais à force de patience arrivera toujours le moment où elle retirera ses nuages et montrera sous une belle lumière ses paysages féeriques, ses collines majestueuses et ses fjords dans lesquels je peux désormais m'aventurer sans risques qu'elle ne me projette par terre en m'envoyant des bourrasques dans la figure. Ce matin l'Islande est apaisée. Je m'aventure donc dans ce nouveau fjord avant de le parcourir dans l'autre sens, puis fait de même dans les fjords suivants. L'excitation augmente au fil des kilomètres car il y a de plus en plus de choses à voir tant est si bien que je me demande si je n'ai pas changé de monde. Il y a des choses extraordinaires à droite, des choses extraordinaires à gauche. Tiens! Encore une chose extraordinaire à droite. Ben ma fois tant qu'on y est...Les choses extraordinaires se succèdent les unes aux autres jour après jour dans une grande variété : glace, glaçons géants, glaciers, langues de glaciers, champs de laves recouverts de lichens, champs d'herbe avec des cônes dessus, montagnes géantes, montagnes aux formes bizarrement sculptées par l'érosion, montagnes isolées, chaines de montagnes aux crêtes tranchantes, volcans, grosses cascades, petites cascades, moyennes cascades, cascades qui à elles seules suffiraient à faire l'intérêt de l'île, ciels colorés, arc-en-ciels sur fond de cascade et j'en passe. Dans ces décors il devient ordinaire de voire des choses extraordinaires. J'en ai pris plein les yeux comme jamais sur ce tour d'Europe. Dans une descente j'ai doublé un troupeau d'une trentaine de chevaux au trot sur la route nationale 1, slalomant entre les bêtes pour les dépasser, un matin j'ai été réveillé par des oies et attaquée par des poules dans un camping à la ferme. J'ai salué de nombreux montons au bord de la route, à coups de pouêt-pouêt ou de bêlements hasardeux. Enfin un matin le vent s'est remis dans le bon sens et comme l'heure de quitter cette île incroyable approchait, j'ai regonflé mes pneus (qui étaient largement sous-gonflés pour gagner en vitesse et confort sur les routes non goudronnées), r-huilé la chaîne, mis les gaz et appuyé sur le champignon pour terminer mon tour de l'île et retourner à la capitale. La veille de prendre l'avion j'ai appris que des personne au camping ont vu des aurores boréales pendant la nuit, mais malgré une longue attente je n'ai pas eu la chance d'en voire pour ma dernière nuit sur l'île. Le même jours j'ai aussi appris qu'un volcan était entré en activité dans le sud de l'île, menaçant le trafic aérien. 2500 séismes enregistrés, population évacuée et un risque que mon vol soit annulé mais finalement tout s'est déroulé comme prévu. Fin des aventures en Islande. J'aurai détesté l'Islande, je l'aurai adoré aussi. Reine de l'Europe, reine au coeur noir, princesse du monde, joyaux de l'Atlantique, elle m'aura fait quitter la planète bleue pendant deux mois. L'illusion d'être allé sur une autre planète est bien réelle... A moins que ce ne soit notre bonne vielle Terre qui soit si inimaginablement belle au point qu'il faille la parcourir pour s'en faire une idée. L'avenir nous le dira. A suivre...

Ma carte de l'Islande:
http://www.florent-velo.fr/images/islande2.jpg

Etape 279. IS28-IS29. 51 kms en 4h01 (12,6 km/h). Asc 300m.
Etape 280. IS29-IS30. 64 kms en 4h38 (13,7 km/h). Asc 300m.
Etape 281. IS30-IS31. 105 kms en 6h25 (16,5 km/h). Asc 400m.
Etape 282. IS31-IS32. 140 kms en 8h11 (17,1 km/h). Asc 600m.
Etape 283. IS32-IS33. 35 kms en 2h22 (14,9 km/h). Asc 300m.
Etape 284. IS33-IS34. 95 kms en 5h24 (17,7 km/h). Asc 200m.
Etape 285. IS34-IS01. 14 kms en 1h24 (10,3) km/h. (+Bus 40 kms) Asc 100m
Etape 286. IS01-IS35. 45 kms en 2h56 (15,4) km/h. Asc 300m.

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Article du Dimanche 17 aout 2014

11h54 - Etapes 275-278 – IS24 - IS28 (196 kms)

En manque de nourriture au point IS24 j'ai mangé au restaurant du camping, l'occasion de goûter l'Omble chevalier ("artic char" en anglais), un genre de saumon local qui vit dans les lacs du grand nord. Excellent mais la qualité du poisson contrastait avec la piètre qualité des légumes islandais qu'ils essaient de faire pousser sur leur île au prix de choses inimaginables que j'ai vu et n'ose même pas décrire. Le monde va mal. C'est donc avec du très bon poisson et des très mauvais légumes dans le ventre que j'ai continué à l'est avec le vent de face, le soir je suis tombé sur un petit camping où pour 6 euros la nuit les bains chauds illimités étaient inclus (très agréable!). Puis le lendemain j'ai roulé pendant 3 heures et 20 minutes à 8,3 km/h de moyenne avec une vitesse maximale de 22 km/h malgré un vélo très allégé, une route en asphalte et d'avantage de descentes que de montées. Ensuite la route a fait un grand virage à droite et je me suis retrouvé d'un coup à 50 km/h sur du plat! Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'Islande. Etape suivante très sympa, je suis passé par une petite route de montagne qui, en montant à 530 mètres d'altitude avec des pentes annoncées à 17%, permettait de faire un gain de 40 kilomètres sur la route principale : ca vaut. Je n'ai pas regretté ce choix : quelle route parfaite encore! L'Islande est définitivement pour moi le pays des cascades, il y en avait partout, j'en ai une trouvé une grosse bien jolie qui n'était pas visible de la route, pas indiquée, sans parking ni accès aménagé, bref sans touristes! Superbe! En faisant demi-tour pour retourner à mon vélo, myrtilles à mes pieds! :-) Les montées montaient, normal, mais pas 17% comme annoncé, le vent était favorable et c'est allé tout seul. Les 17% étaient dans le sens de la descente, une descente qui restera comme l'une de mes deux préférées sur ce tour d'Europe, avec celle sur Alta il y a tout juste un an. Une descente fantastique et géniale! Enorme! Cascade à droite, virage à gauche, cascade à gauche, virage à droite, cassure : -15%, Youhoooooo, virage à droite, gros rochers à gauche, mais où est passée la route?! Sous les paysages! Nouvelle cassure, -15% yééééééééé virage à droite! Grosse montagne à droite, cascade à gauche, de nouveau -15%! youhoooo. Avec le vent! Et des coins de ciel bleu avec des nuages oranges et des paysages géants et comme bouquet final encore une très grosse cascade à ma droite. Dommage que je n'ai toujours pas de caméra embarquée, mais ça viendra. En bas c'est devenu difficile de rester en équilibre sur le vélo car le vent de côté me faisait faire des gros zigzag sur la route. Un vent qui s'est encore renforcé le lendemain, j'ai d'abord parcouru 3 kilomètres avec le vent dans le dos (chouette), puis un virage à 180° pour aller au fond d'un fjord m'a remis le vent de face, 8 interminables kilomètres à une allure de marcheur puis de nouveau 8 kilomètres dans le bon sens pour ressortir du fjord avant un nouveau fjord à prendre dans le mauvais sens. Et le vent, disons plutôt la tempête, s'est encore renforcé entre temps! Alors que peinais à rester sur le vélo dans le fjord précédent, réalisant des parfaits numéros d'équilibriste en allant rouler jusqu'à la voie de gauche dans mes zigzags, cette fois c'est devenu im-po-ssible de continuer, une fois je n'ai pas pu empêcher mon vélo de se coucher par terre lors d'une rafale, plus tard j'ai du marcher avec le vélo en le tenant contre moi. Le coup de grâce fût porté par une autre rafale encore plus violente : je me suis mis à l'arrêt tête baissée pour encaisser cette attaque, et mes lunettes de soleil (neuves suite à la perte récente d'une n-ième paire) qui étaient placées dans mon panier se sont envolées, sont retombées sur la route 3 mètres derrière moi, un verre s'est détaché et a volé à environ 5 mètres de hauteur avant de disparaître dans les paysages. Des recherches minutieuses ne m'auront pas permis de le retrouver. Tout aussi minutieuses auront été mes recherches pour trouver un endroit pour bivouaquer après seulement 20 kilomètres, étant donné qu'il était devenu techniquement impossible de continuer ma route à vélo. Après 30 minutes de marche j'ai trouvé l'endroit le moins mauvais pour le vent, la pente et le confort au sol et j'ai eu bien du mal de dormir vu le vacarme de la toile de tente.

Etape 275. IS24 – IS25. 43 kms en 4h10 (10,3 km/h). Asc 600m.
Etape 276. IS25 – IS26. 52 kms en 4h47 (10,8 km/h). Asc 300m.
Etape 277. IS26 – IS27. 80 kms en 5h30 (14,5 km/h). Asc 900m.
Etape 278. IS27 – IS28. 22 kms en 1h48 (12,1 km/h). Asc 300m.

Course à pied
Semi-marathon "Les rives du Doubs", 21,1 kms en 1h29 (14,2 km/h)
Lausanne Marathon. 42,2 kms en 4h05 (10,3 km/h)

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Article du Vendredi 8 aout 2014

17h07 - Etapes 268 – 274. Akureyri – IS24 (294 kms)

Sur cette courte portion j'aurai pédalé jusqu'aux plaques de neiges éternelles puis vu des baleines tout près de mon bateau puis des phénomènes volcaniques impressionnants (des gaz sortant de terre à forte pression et d'autres provoquant des grosses bulles dans des cavités remplies de boues), vu aussi des couleurs nouvelles, la plus grosse et impressionnante cascade d'Europe (Settifoss, mon appareil photo ne fonctionnait plus) et des immenses champs de lave craquelés d'une manière aléatoire lors du refroidissement (j'adore ces paysages)...Et j'en passe. La densité de choses à voir dans ce pays n'a pas d'équivalent ailleurs en Europe. C'est très fort. Tout comme le degré de difficulté pour voyager à vélo sur cette île, qui surpasse également tous les autres pays européens. Seule la Norvège, avec ses paysages, sa météo et ses prix de folie, peut essayer de tenir la comparaison sur ces critères d'intérêt et de difficulté. Mais au final, dans la balance, l'intérêt de venir ici faire cela n'est pas nul, il est le plus souvent négatif et j'attends avec impatience mon avion le 21 août pour aller faire du vélo ailleurs...Songez que depuis mon arrivée il y a 50 jours j'ai eu 58% de jours avec pluie continue ou averses régulières. Mon relevé météo n'a pas enregistré la moindre journée ensoleillée depuis ce 18 juin (mais tout de même une demi-journée le 3 août au matin et 8 autres journées avec quelques éclaircies). J'ai le vent de face tous les jours depuis Akureyri. Pour les températures pas besoin de thermomètre, ma tente était recouverte de glace le 2 août au matin, il a du faire -2°C la nuit. Ca dépasse rarement les 10°C en journée. A la longue ces conditions épouvantables jouent inévitablement sur le moral et je comprends mieux désormais pourquoi le pays voisin, le Groenland, est le pays qui possède le taux du suicide le plus élevé au monde. Je rencontre des difficultés que je n'aurais jamais imaginé auparavant. C'est le ventre vide que j'écris cet article. Ce matin j'avais deux solutions, le première que pensais réaliser, consistait à aller en vélo en deux jours (100 kms) à Egilsstaðaflugvöllur pour refaire des réserves de nourriture. Mais la pluie qui tombe sans discontinuer depuis deux jours, et qui m'a obligé à rester au camping hier, tombe encore ce matin sur ma tente. Si je roule toute la journée sous la pluie, mon manteau de sport sera trempé et je ne pourrai pas l'utiliser pour dormir : j'aurai froid toute la nuit prochaine en pleine nature. Et si je reste ici, je dois me contenter pour les 3 prochaines jours de ne manger que des fruits secs et du riz avec du poisson séché midi et soir. Je n'ai plus de fruits, de salade, de chocolat, d'oeufs, etc...Pour le petit dej' plus qu'un fond de confiture et de miel qui seront terminés demain matin. C'est dur, très dur. J'ai fini par faire le choix de rester au sec ce vendredi ce qui me permet d'étudier les trajets possibles pour l'automne et en mettre à jour ce blog.

Ma carte de l'Islande: http://www.florent-velo.fr/images/islande1.jpg

Etape 250. IS00-IS01 -47 kms en 3h04 (15,3 km/h). Asc 400m.
Etape 251. IS01-IS02 -19 kms en 1h33 (12,5 km/h). Asc 300m.
Etape 252. IS02-IS03 – 61 kms en 4h38 (13,2 km/h). Asc 700m.
Etape 253. IS03-IS04 – 88 kms en 5h58 (14,8 km/h). Asc 400m.
Etape 254. IS04-IS05 – 51 kms en 3h53 (13,1 km/h). Asc 500m.
Etape 255. IS05-IS06 - 22 kms en 1h37 (13,5 km/h). Asc 200m.
Etape 256. IS06-IS07 – 36 kms en 3h08 (11,5 km/h). Asc 300m.
Etape 257. IS07-IS08 – 25 kms en 1h56 (12,8 km/h). Asc 300m.
Etape 258. IS01-IS02 – 18 kms en 1h29 (11,9 km/h). Asc 300m.
Etape 259. IS02-IS09 – 36 kms en 2h51 (12,6 km/h). Asc 300m.
Etape 260. IS09-IS10 – 47 kms en 4h00 (11,8 km/h). Asc 300m.
Etape 261. IS10-IS11-IS10 – 39 kms en 2h16 (16,9 km/h). Asc 200m.
Etape 262. IS10-IS12 – 52 kms en 4h14 (12,2 km/h). Asc 700m.
Etape 263. IS12-IS13 – 58 kms en 6h01 (9,6 km/h). Asc 700m.
Etape 264. IS13-IS14 – 71 kms en 4h50 (14,8 km/h). Asc 500m.
Etape 265. IS14-IS15 – 39 kms en 2h55 (13,4 km/h). Asc 400m.
Etape 266. IS15-IS16 – 42 kms en 3h40 (11,5 km/h). Asc 500m.
Etape 267. IS16-IS17 – 53 kms en 4h03 (13,1 km/h). Asc 300m.
Etape 268. IS17-IS18 – 30 kms en 3h31 (8,6 km/h). Asc 600m.
Etape 269. IS18-IS19 – 60 kms en 5h06 (11,8 km/h). Asc 600m.
Etape 270. IS19-IS20-IS19 – 39 kms en 2h52 (13,5 km/h). Asc 300m.
Etape 271. IS19-IS21 – 35 kms en 2h46 (12,6 km/h). Asc 500m.
Etape 272. IS21-IS22 – 30 kms en 3h09 (9,7 km/h). Asc 300m.
Etape 273. IS22-IS23-IS22 – 43 kms en 3h30 (12,4 km/h). Asc 200m.
Etape 274. IS22-IS24 – 57 kms en 4h50 (11,7 km/h). Asc 300m.

Et pour remonter un peu mon niveau.
Cyclosportive "La Louis Pasteur" – 172 kms en 6h02 (28,5 km/h).
Cyclosportive "La Louis Pasteur" – 96 kms en 3h00 (32,0 km/h).

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Article du Jeudi 7 aout 2014

20h59 - Le matériel (2/8). 2. Le gros matériel

La tente
Avoir une bonne tente est très important pour un long voyage : c'est un peu ma maison. J'utilise la tente Quechua Quickhiker IIII, une tente 4 places de 3,9kg de marque française avec une très grande entrée dans laquelle je peux faire dormir le vélo, la table dépliée et tous les bagages, et une chambre spacieuse et suffisamment haute pour être assis en position confortable avec la table et la chaise, pour prendre un repas ou utiliser l'ordinateur à l'abri des insectes, des moustiques et de l'humidité. La chambre est séparable de la toile extérieure ce qui permet de ne pas la mouiller en compressant le tout en la repliant un matin pluvieux. L'aération est excellente et facilement réglable avec des fermetures éclair. Elle est assez rapide à monter (on plante deux sardines, on enfile 3 arceaux, on tire un coup de l'autre côté et la tente est montée, il n'y a plus qu'à planter les sardines restantes) et très compacte une fois rangée. Cette tente à 299 euros présente donc des caractéristiques de confort/poids exceptionnelles : une tente de luxe comparée aux centaines de tentes de randonnée de toutes marques que j'ai pu observer lors des 10 jours passés au camping de Reykjavik. Je trouve qu'il serait dommage, absurde et idiot de me limiter à une tente de 2 ou 3 kilos, ce genre de tentes qui équipent tous les autres voyageurs à vélo que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent. Pour un poids total de 150 kilos (ou 120-130 pour ceux qui se privent de tout) un kilo supplémentaire ne représente qu'un supplément d'effort physique de 0,7% dans les montées (effort qui se traduit en un temps de parcours légèrement plus long en changeant de braquet, mais pas forcément en un effort plus intense) et quasi-nul sur du plat. C'est par ailleurs le principal avantage d'un voyage à vélo par rapport à un voyage à pied : pouvoir transporter du confort dans contraintes supplémentaires sur le corps. Alors que le voyageur à pied porte son poids, le voyageur à vélo est porté par son poids!

La table
J'utilise une table en aluminium de 3 kg de dimensions 70*70*70 cm. Je n'ai jamais rencontré d'autres voyageurs à vélo transportant une table et tous sont surpris et me voir transporter un tel équipement. C'est pourtant indispensable sur du long terme. Pour une dépense énergétique de 2% supplémentaire lors des montées le gain de confort est de 50% le soir et le matin. Coup de chance, une fois repliée elle rentre parfaitement dans mon gros sac arrière qui mesure 71 centimètres de long.

La chaise
C'est une chaise décathlon avec dossier de 0,8kg. Absolument indispensable pour améliorer le confort et préserver le dos lors d'un voyage longue durée. Après un an d'utilisation les coutures du dossier ont craqué et je n'ai rien pour recoudre alors je me débrouille autrement.

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Article du Vendredi 1 aout 2014

21h35 - Etapes 257-267. Reykjavk – Akureyri (454 kms)

Après une tentative avortée de tour de l'île en partant par l'ouest (retour en bus à la case départ) je suis resté une semaine à Reykjavik en attendant sans succès un vent de l'ouest pour partir à l'est ou un vent du sud pour aller au nord. Et puis enfin, passées les demi-finales et la finale de la coupe du monde de foot vues sur un grand écran de cinéma, j'ai pu m'attaquer à la traversée de l'île selon un axe sud-nord d'environ 300 kilomètres, une traversée qui a nécessité un peu préparation car la route n'est pas goudronnée et à monte à 700 mètres d'altitude, et surtout car l'Islande n'est habitée que sur les côtes et à intérieur c'est désertique : je suis parti avec des réserves de nourriture pour 6 jours pour faire face à ces difficultés. Ce fut beau, je le savais d'avance et ne fût pas déçu. Au calme de ce chemin peu fréquenté, s'ajoutait un sentiment de solitude et de détachement par rapport à l'humanité. J'ai traversé un grand désert avec la plupart du temps des champs de pierre et très peu de végétation dans les paysages. Le silence, le vrai, on n'a pas souvent l'occasion de l'entendre et c'est un peu un luxe de pouvoir se retrouver loin de tout avec juste un minimum de matériel pour subvenir à mes besoins de base. Il faut juste observer, respirer, et avancer. En Islande, sur cette route numéro 35, le néant ne saurait pourtant suffire à assurer le spectacle. Dans un pays de volcans et de glaces, ce serait bien peu en demander! A ma gauche je longe un immense glacier et plus tard il y en aura un autre encore plus grand à ma droite. Le même jour j'aurais aussi vu des fumerolles et une sorte de petite cheminée conique crachant puissamment du souffre telle le ferait une cocotte-minute en action pour plusieurs siècles. Secoué comme un prunier du matin au soir, slalomant entre les nids de poules, dérapant sur les grosses pierres et rebondissant sur les interminables zones de vaguellettes caillouteuses probablement crées par le passage des voitures, j'aurai battu dans cette zone un record de lenteur : 9,6 km/h de moyenne sur la 263ème étape de ce tour d'Europe; difficile de monter à plus de 6 km/h ou de descendre à plus de 15 km/h. Le cycliste et son chargement n'ont jamais été aussi proches de l'escargot et de sa coquille. Et toujours des belles rencontres, les quelques lecteurs du blog s'en lasseront peut-être car j'en relate à chaque article, mais toujours nombreuses, enrichissantes, et indissociables d'un long voyage, comment ne pas en citer quelques-unes pour terminer cet article, par exemple ce vieil américain qui de l'âge de 62 ans à 72 ans a réalisé un tour du monde en vélo sur 10 ans, ou ce jeune couple de cyclistes de Métabief qui m'ont offert du Comté et de la saucisse fumée qu'ils ont fabriqué eux-même à...Glamondans, ou encore ce couple Suisse tard au milieu de nulle part sur la route 35 qui m'ont offert une bière, de la saucisse sèche et du chocolat suisse, et enfin comment pourrais-je ne pas parler de mon ami cycliste brésilien qui avait une vidéo pour le moins irréelle : ce brave s'amusait à pêcher des gros saumons à la main en dessous d'une cascade, et cela avec un franc succès. En Islande on voit vraiment des choses incroyables!

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