Articles 111 - 115 / 154
21 22 23 24 25
Article du Samedi 17 aout 2013
11h45 - Etapes 130-136. Alta – Bardu (373 kms) Depuis Hönningsvag retour en bus à Alta : la route est dangereuse et sans intérêt puisque je l'ai déjà faite, et c'est donc à Alta que je suis remonté sur le vélo pour rouler en direction du sud, après 2 premiers mois sur ce tour en direction du sud et les 4 mois suivants en direction du nord. J'ai emprunté la route E6 qui longe fjords et mers et grimpe parfois dans les montagnes pour raccourcir le chemin. Des côtes à 7% tout juste franchissables pour moi et dans lesquelles je traîne comme un boulet les 40 kilos de ma remorque. C'est du sport. Ma remorque est plus lourde en conséquence d'un problème mécanique : mon porte bagage arrière est cassé depuis le kilomètre 9595 de ce tour (130ème étape), j'ai déjà cassé deux portes bagages de ce type lors du voyage de 2010. Il n'est pas possible d'avoir un meilleur porte bagage car il n'est pas possible de percer le cadre en aluminium de mon vélo de course. Ce fut beaucoup plus simple qu'en 2010 pour réparer, j'ai simplement eu à alléger les sacoches arrières au profit du sac à dos, à les placer sur le sac de la remorque avec un tendeur puis remonter le porte bagage afin que mon phare arrière soit toujours visible et enfin le consolider avec de la ficelle accrochée sous la selle. Pas trop grave. Mais le plus dur ici ce ne sont pas les côtes ou les portes bagages cassés... le plus dur est simplement de s'alimenter. Quand on sait qu'une bonne alimentation est la base pour être en forme et avoir le moral, ce n'est pas un problème à prendre à la légère. Les problèmes, en général, en maths, je les résous, mais là je suis devant une équation d'une grande complexité probablement sans solution tant la nourriture est mauvaise et les prix élevés. Les norvégiens mangent de la @!*$@ à des prix exorbitants. La nourriture est aussi mauvaise qu'en Espagne pour des prix 4 à 5 fois supérieurs. Avec le choix en moins : en Espagne au moins je trouvais des magasins carrefour tous les 4 jours, ici on doit composer avec une très faible densité de supermarchés le long du chemin. Je ne bois plus de jus de fruit, le seul jus qui ne soit pas à base de concentré décongelé est le Tropicana à plus de 5 euros le litre. Et même pas bio à ce prix là, les produits bios ne sont qu'un lointain souvenir de la France, de l'Allemagne et dans une moindre mesure de la Suède. Je mange souvent des galettes de riz à la place du pain au petit déjeuner. Je ne mange plus de viande. Je mange des fruits à la limite de l'immangeable : des oranges d'Espagne (au mois d'août...) à l'imazalil , des pommes sans saveur, des bananes sans goût et indigestes, des mangues dures comme du bois, des ananas qui piquent la langue et donnent des aphtes, des noix de coco sans lait à l'intérieur et au goût de moisi, et que dire de leur saumon bourré de colorants et autres pains de @^#@& aux émulsifiants et conservateurs chimiques, et je ne parle même pas des charcuteries sous plastique que je n'ose acheter ou autres salades vertes toujours aussi vertes après 3 jours à l'air libre dans mes sacoches. Il n'y a que les kiwis de Nouvelle-Zélande et les framboises locales qui sont mangeables mais ça ne remplit par le ventre. Il est vraiment déplorable que les gens mangent aussi mal dans l'un des pays les plus riches du monde. Outre la mauvaise qualité, il faut aussi composer avec des prix invraisemblables. Quelques exemples: le chocolat est à plus de 30 euros le kilo, une nuit en camping sous tente pour 2 personnes est parfois au même prix qu'une chambre d'hôtel en Espagne (30 euros), ou encore le prix que j'ai déboursé chez le coiffeur : 6 euros à Lisbonne, 11 à Hambourg et 26 à Alta pour la même prestation. Bref c'est dur de vivre ici, heureusement que les paysages sont sympa et que la météo est globalement correcte : c'est ce qui me maintient dans ce pays,...mais pour combien de jours encore?
Etape 130. Alta – Talvik. 41 kms en 2h35 (15,7 km/h). Asc 500m.
Etape 131. Talvik – Storeng. 53 kms en 2h53 (18,2 km/h). Asc 400m.
Etape 132. Storeng – Oksfjordhamn. 56 kms en 4h00 (14,1 km/h). Asc 900m.
Etape 133. Oksfjordhamn – Rotsund. 48 kms en 3h02 (15,9 km/h). Asc 400m.
Etape 134. Rotsund – Storeng. 53 kms en 3h06 (17,0 km/h). Asc 400m.
Etape 135. Storeng – G (69°08'60 N; 19°03'12'' E). 64 kms en 4h04 (15,8 km/h). Asc 600m.
Etape 136. G – Bardu. 58 kms en 3h23 (17,2 km/h). Asc 300m
Article du Jeudi 8 aout 2013
20h41 - Etapes 126-129. Alta – Hönningsvag (266 kms) Cap nord, me voila! J'ai atteint le sommet de l'Europe! Les paysages ont enfin changé sur cette portion, la forêt a disparu car aucun arbre ne peut résister au froid polaire qui s'abat l'hiver par ici. Les paysages sont donc bien dégagés et me permettent d'observer aisément les nombreux rennes présents au bord de la route, parfois tout près de moi. Le relief est bien plus montagneux qu'en Suède, les pentes deviennent difficiles, mais en-contre partie les paysages sont plus jolis avec des belles montagnes qui plongent dans l'océan ou dans des fjords. Car c'est bien l'océan qui est ici, on peut le constater avec l'effet visible des marées sur certaines plages. Et pas n'importe quel océan : l'océan glacial Arctique! Un monde de glaces et de grand froid que d'imagine et contemple devant moi. Je ne suis plus qu'à 2100 kilomètres du pôle nord. Mais aussi à 3000 kilomètres des côtes canadiennes...Le continent américain s'est également rapproché. Enfin je suis également aux portes de l'Asie : si on considère que la Russie c'est l'Asie, je n'en suis qu'à 240 kilomètres. Comme j'ai vu l'Afrique il y a peu, c'est un déjà un beau petit morceau de la planète que j'ai parcouru. J'aurais aimé lire mon trajet dans le ciel en comparant la différence de hauteur de l'étoile polaire entre les îles Canaries et le Cap Nord, mais pour moi qui aime l'astronomie c'est frustrant de ne pas pouvoir observer de ciel étoilé, cela fait plus de deux mois que je n'ai pas vu la moindre étoile en raison de nuits trop courtes et trop lumineuses. Si j'ai effectué une belle traversée Sud/Nord de l'Europe, j'ai aussi fait une belle traversée Ouest/Est puisque j'ai rallié la côte ouest du Portugal à la Finlande. Un décalage de 34° de longitude (2h de décalage horaire) pour 35° (Gibraltar) ou 43° (Canaries) de différence de latitude. J'ai atteint le Cap Nord, mais pas facilement. Les 100 derniers kilomètres furent piégés d'embûches à commencer par ces longs tunnels de 3, 7 puis 4 kilomètres de long, le plus difficile d'entre eux débutant par une descente de 4 kilomètres de long plongeant à -220 mètres d'altitude sous la mer, suivie d'une très difficile montée de 3 kilomètres à 7 % de moyenne avec des longs passages à 9%. Des tunnels franchis de "nuit" pour éviter le trafic des véhicules à moteur : j'étais seul et donc en parfaite sécurité dans ces grands souterrains. Autre difficulté, le vent violent qui soufflait dehors, un dangereux vent de côté qui m'a obligé à mettre pied à terre puis à m'arrêter complètement pour reposer mes bras et mon épaule, fatigués de tenir le vélo en équilibre contre la furie des masses d'air en délire tandis que je progressais difficilement à pieds sur le bas-côté. Enfin sur les 25 derniers kilomètres ce furent encore des longues côtes à 9% ou 10% avec heureusement la remorque laissée dans un camping pour ces derniers kilomètres : ça n'aurait pas été possible avec. Et pour finir l'arrivée dans cet endroit très touristique à l'extrême nord de l'Europe. J'y ai retrouvé ma tata et marraine Nadine ainsi que Marie-Jeanne, une amie à elle, toutes deux en voyage par ici. J'avais refilé l'été dernier ma tente Quechua T2, qui m'avait servi sur mon tour de France à ma tata Nadine, et ce fut très spécial de voir ma tente du tour de France plantée ici au Cap Nord à mon arrivée sur le site. Moment très sympa avec Nadine et Marie Jeanne à observer le soleil se coucher sur l'océan au nord puis se lever un peu plus tard...Paysages uniques sur fond d'océan Arctique. J'avais remonté de Ténérife une petite bouteille de Brandy, un alcool à 40° qui nous aurait permis de célébrer différentes choses, mais on nous l'a volé sur une table intérieure sur laquelle on mangeait à un moment où on s'était absenté pour faire des photos dehors. Dommage mais c'est ainsi. Enfin retour au camping à 3 heures du matin. Je m'arrête quelques jours pour prendre un peu de recul par rapport à ce voyage, et réfléchir à différentes choses pour l'organisation l'avenir, etc.
Etape 126. Alta - D (70°07'36'' N, 23°36'30'' E) - 36 kms en 2h33 (14,3 km/h). Asc 500m.
Etape 127. D - E (70°28'32'' N; 24°51'22'' E) - 69 kms en 3h39 (18,9 km/h). Asc 600m.
Etape 128. E – Honningsvag. 101 kms en 6h32 (15,5 km/h). Asc 1000m.
Etape 129. Honningsvag – Cap Nord – F (71°01'36 N; 25°53'22'' E). 59 kms en 4h25 (13,4 km/h). Asc 1200m.
Article du Mercredi 31 juillet 2013
14h37 - Etapes 123-125. Karesuendo – Alta (275 kms) Je suis repassé en Finlande à l'occasion de la 123ème étape et j'y ai emprunté la même route E8 qu'au début du mois mais dans le sens inverse cette fois-ci. Rien de bien passionnant sur cette étape, par contre l'étape suivante fut vraiment exceptionnelle et restera certainement comme l'une des plus fabuleuses de ce tour d'Europe. Parti à 13h30 heure locale (12h30 heure norvégienne) de Hetta, je pensais rallier Alta (nord de la Norvège), en 3 jours (215kms). Après une vingtaine de kilomètres le vent s'est levé jusqu'à souffler fort dans mon dos. Quelle aubaine! Du coup après le passage de la frontière (et la sortie de l'union européenne) à toute vitesse (20km/h env.), je suis arrivé plus tôt que prévu dans ma ville d'arrivée à Kautokeino. Mon compteur affichait 80kms et il était 18h. Le vent se calmait un peu mais il était toujours favorable. J'ai mangé devant un magasin puis au vu les conditions météo je me suis dit que je pouvais pousser jusqu'au prochain village à 65 kms et de faire ainsi l'intégralité de l'étape du lendemain. Il faut être opportuniste, on ne sait jamais dans quel sens le vent soufflera le lendemain. Au 100ème km le vent s'est malheureusement calmé jusqu'à stopper complètement, mais moi j'ai continué gaiement : je me sentais bien, la soirée était encore longue et il n'y avait pas de bons endroits pour dormir. Avec une préoccupation constante et beaucoup de rigueur sur l'alimentation (beaucoup de fruits, de chocolat et d'eau) j'ai pu arriver à ce petit village où mon compteur affichait 145kms. J'ai alors réalisé que Alta qui n'était plus qu'à 65 kms était au niveau de la mer alors que j'étais encore à 350m d'altitude : les 65 kms initialement prévus le surlendemain ne devaient pas être trop difficiles pour atteindre cette grande ville. J'ai donc pris la décision de continuer ma route jusqu'à Alta. Il était minuit et le soleil se couchait. J'ai longé tout le long une très jolie rivière, connue pour être l'une des meilleures rivières pour la pêche au saumon en Europe. Il faisait jour comme en plein jour malgré la nuit. Puis j'ai roulé le long d'un fjord de 10kms de long avec le reflet des premiers rayons du soleil qui commençaient à éclairer le haut des montagnes! Quel bonheur de voir le soleil se lever à 2h du matin! Mais le meilleur restait à venir! La rivière qui traversait dorénavant le fjord s'est alors mise à dégringoler (et moi avec) dans une extraordinaire vallée encaissée avec des gros éboulement rocheux à droites ou a gauche, des paysages surprenants et magnifiques à chaque détour de virage, le bruit de l'eau courante durant les 8 kms de descente, évidement personne sur la route à cette heure là, seul au milieu de paysages grandiose où j'en prenais plein les yeux à chaque instant, une végétation changeante vers le bas (de nouveau des pins car plus chaud, ils avaient disparu au profit des bouleaux arbres les plus résistants d'Europe), quelques oiseaux chantant, une étape vraiment hors du commun qui se sera finalement terminée à 4h du matin 15kms avant Alta en raison de la présence d'une endroit aménagé parfait pour dormir auprès de la rivière, idéale pour faire la toilette et la vaisselle. 194 kms au compteur : c'est l'étape la plus longue de mes différents voyages en vélo. Lors de cette étape d'exception j'aurai aussi vu des rennes au bord de la route, ainsi qu'un un élan faire le zouave au milieu de la route avant de retarder une voiture qui a du rester derrière lui tandis qu'il courait gaiement sur la chaussée. La durée de la "nuit" qui était de 3h20 au départ de l'étape est tombée à 2h05 à l'arrivée. J'ai gagné 75 minutes de soleil au cours de cette fantastique l'étape. Lors de l'étape suivante j'ai rejoint sans problème le camping de Alta.
Etape 123. Karesuendo - Hetta - 67 kms en 4h16 (15,6 km/h). Asc 300m.
Etape 124. Hetta – C(69°09-20N; 23°12-01 E) - 194 kms en 10h17 (18,8 km/h). Asc 1000m.
Etape 125. C – Alta. 14 kms en 0h53 (16,1 km/h). Asc 0m.
Article du Mercredi 31 juillet 2013
13h02 - Etapes 118-122. Jokkmokk - Karesuendo (306 kms) A Jokkmokk j'ai visité le musée sur le peuple sami, le peuple d'éleveurs de rennes du grand nord autrefois nomades et aujourd'hui sédentarisés. Un peuple à la culture originale qui me font penser aux indiens d'Amérique avec leurs grandes tentes et une vie 100% en osmose avec la nature. Ils possèdent leur propre langue, le sami et habitent tout le grand nord de la Scandinavie. Ils sont les seuls autorisés à élever des rennes sur ces terres très inhospitalières. Inhospitalières mais pas dénuées de richesses car le sol est riche en fer et cela suscite les convoitises de grandes compagnies minières. A Jokkmokk j'ai été hébergé chez Jérémy et Nina et qui organisaient le soir une soirée de débat musical à propos du projet d'implantation d'une mine à Jokkmokk, à laquelle assistaient des habitants globalement contre ce projet. En rentrant avant eux seul à la maison j'ai eu la surprise de trouver un gros rocher sur la petite route forestière conduisant au village, rocher posé, m'expliqua t-on, quelques minutes auparavant par un militant pro-mine pour bloquer en haut la quinzaine de voiture des gens de la réunion. Ce genre de scène est choquant quand on on commence à connaître un peu la société suédoise, modèle de démocratie, d'organisation, de solidarité et de respect d'autrui. Ce gros rocher, encordé et tracté par un puissant véhicule, a pu être déplacé en fin de soirée pour dégager le chemin. Après 2 nuits à Jokkmokk chez ce très sympathique couple avec un petit bébé, j'ai continué ma route vers Gällivare, en deux étapes au lieu d'une à cause d'un fort vent de face, vent du nord fatigeant et usant qui en plus m'a apporté le froid : 5°C la "nuit", bonnet, écharpe et chaussettes en laine indispensables pour dormir. Arrivé à Galliväre à 21h, les commerces étant fermés j'ai du me rabattre sur un petit restaurant pour me remplir le ventre, et suis tombé sur des gérants très sympathiques qui parlaient français et qui, apprenant la nature de mon voyage, ne m'ont pas fait payer mon assiette de pâtes et ma bierre! Puis une étape jusqu'à Svappavaara avec un grand soleil et des températures qui sont montées en flêche : plus de 30°C au soleil. Une bonne chaleur malgré la haute latitude, qui s'explique par le fait que le soleil chauffe presque 24h/24 et l'atmosphère n'a pas donc pas le temps de se refroidir. En été, plus au monte au nord et plus il fait chaud à cause de la durée d'ensoleillement. J'ai écouté sur la route l'album de Nina qui est musicienne de profession, une bien jolie musique calme et relaxante à base de chant et d'accordéon (
écouter).. J'ai aussi écouté un album composé d'enregistrements de musique traditionnelle sami. Une musique qui semble sortir tout droit de la préhistoire, à ne pas écouter seul sur une petite route forestière à une heure tardive car cela peut faire peur. Je vais maintenant continuer ma route au nord, je suis déjà bientôt à la frontière nord de l'Europe alors que j'étais encore au détroit de Gibraltar il y a tout juste quelques mois!
Etape 118. Jokkmokk – Porjus. 46 kms en 3h48 (12,0 km/h). Asc. 400m.
Etape 119. Porjus – Gällivare. 50 kms en 3h23 (14,8 km/h). Asc. 200m.
Etape 120. Gällivare - Svappavaara. 76 kms en 4h26 (17,1 km/h). Asc. 500m.
Etape 121. Svappavaara – Ovre Soppero. 79 kms en 4h51 (16,2 km/h). Asc. 300m.
Etape 122. Ovre Soppero - Karesuendo. 55 kms en 4h09 (13,3 km/h). Asc. 200m.
Article du Samedi 20 juillet 2013
23h36 - Etapes 113-117. Uméa – Jokkmokk (398 kms) Après Uméa j'ai emprunté des petites routes qui montent en pente douce (1%) dans les montagnes jusqu'à 520 mètres d'altitude. D'abord à l'ouest en direction de la Norvège puis au nord en montant et descendant les vallées que je traverse et dans lesquelles coulent des rivières qui viennent de Norvège pour se jeter dans la mer Baltique. Je roule parfois jusqu'à 1 heure du matin sans avoir à allumer mes phrases, il fait jour 24h/24 et c'est très apréciable pour moi qui aime rouler tard. Je roule plus que jamais dans la forêt. Dans ces immensités boisées le silence est roi, parfois tout juste perturbé par le bruit du vent dans les pins, ou par le passage d'une voiture. Je respire à pleins poumons l'air pur de cette immensité végétale qui s'étend sur des centaines de kilomètres dans chaque direction. Un grand bol d'oxygène. Il y a un village tous les 50 km environ (attention à l'approvisionnement en eau) et une densité de population de 0,7 hab./km² pour le canton de Jokkmokk, un record en Europe parait-il. Chaque habitant a son lac, ou presque. Différents grands prédateurs chassent dans la forêt, dont l'ours brun qui est un peu à la taïga ce que le lion est à la Savane, le plus redoutable et le plus redouté. Présence aussi de loups et de gloutons. Difficile à apercevoir toutefois car ces animaux craignent l'homme, et à juste titre car la chasse à l'ours est autorisée (dans la limite de 400 par an). Les animaux que l'on voit le plus sont les moustiques et il serait impensable de rouler en short, même par beau temps. J'utilise ma capuche et mes couvre chaussures toute la journée et même avec les plus grandes précautions j'arrive encore à me faire piquer tous les jours. Sur cette portion j'ai fais étape à Butrask, petite ville capitale du fromage du Vasterbotten, un excellent fromage local, et j'ai également fait étape à Avidsjaur une petite ville de 6000 habitants avec une base militaire dans laquelle les forces spéciales françaises viennent s'entraîner l'hiver. Il faut dire qu'ici le climat hivernal est très rude: il y a régulièrement des nuits à -35°C et les températures sont mêmes descendues jusqu'à -44°C l'hiver dernier. Je mange beaucoup de produits locaux, viande de renne séchée, boulettes de Pitea avec beurre local et confiture d'airelles, fromage et saucisse de Jokkmokk...Je ne me prive de rien et mon corps a besoin de tout cela après une 117ème étape dans laquelle j'ai un peu trop forcé.
Etape 113. Umea – Butrask. 88 kms en 5h24 (16,3 km/h). Asc. 600m.
Etape 114. Butrask – Jörn . 73 kms en 5h00 (14,7 km/h). Asc. 500m.
Etape 115. Jörn - Arvidjaur. 78 kms en 4h45 (16,3 km/h). Asc. 300m.
Etape 116. Arvidjaur - Moskosel. 45 kms en 3h03 (16,9 km/h). Asc. 300m.
Etape 117. Moskosel - Jokkmokk. 112 kms en 7h01 (16,1 km/h). Asc. 700m.