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Article du lundi 26 septembre 2016 à 16h30

Etapes 646-656. Java (633 kilomètres) (1/2)

For the first time...In english below!

Je suis arrivé sur l'île de Java le 23 août après une très courte traversée en ferry depuis Bali. Alors que Bali était une île très peuplée, Java l'est encore d'avantage...141 millions d'habitants pour une superficie de 127 000 km²! Avec autant de monde, les routes furent très encombrées et polluées, et peu propices au voyage à vélo. De plus, la chaleur étouffante à 10 degrés au sud de l'équateur, et la quasi impossibilité de planter la tente pour faire des bivouacs (les seuls espaces non occupés par l'homme sont les flancs des volcans avec de fortes pentes) et les difficultés d'alimentation (quasi impossibilité de faire ma propre cuisine) n'arrangent rien. Mais décider de voir le monde à vélo, et réduire mon parcours aux régions faciles aurait été l'assurance d'avoir des regrets au moment de parcourir les derniers kilomètres. Je veux voir le monde tel qu'il est, et pas seulement tel qu'il est aux endroits où cela m'arrange bien. Aussi, l'une des forces de la vie, et de la vie humaine, est la faculté d'adaptation et il est toujours possible de trouver du positif et de prendre le meilleur de ce qu'une région à offrir, pour vivre une nouvelle expérience de voyage et ressentir de nouvelles émotions. Le meilleur à Java est en haut. Au sommet des volcans, là où l'homme n'a pas pu s'installer, a laissé un peu de nature intacte, et où, à 2000 mètres au dessus du bas, l'air est pur et presque frais. Monter à 2300 mètres d'altitude avec un vélo chargé fut épique. La montée de 22 kilomètres à 9% de moyenne m'a demandé des efforts très violents et beaucoup, beaucoup de temps, surtout dans les passages à 15% dans lesquels même la marche en poussant le vélo sur des routes qui n'en étaient plus s'avérait être une galère sans nom. Les longues pauses tous les kilomètres furent l'occasion de faire baisser le rythme cardiaque et reprendre des forces pour le kilomètre suivant. Et finalement, le Bromo, volcan actif, m'est apparu, avec ses épaisses fumées rappelant celles qui sortent d'une centrale nucléaire, entouré d'une large caldeira (zone relativement plate et sablonneuse) dans laquelle j'ai du pousser le vélo pendant une dizaine de kilomètres le lendemain, dans des paysages uniques, au son des mobylettes qui essayaient également tant bien que mal de se faire un chemin dans cet endroit. La descente qui s'en suivit vers Malang ne fut pas une récompense, la jante de la roue arrière a chauffé au point de me brûler un doigt et j'ai du faire des pauses régulièrement pour la laisser refroidir un peu. A Malang j'ai fais des belles rencontres avec des locaux (Nina et Sisca, deux gentilles étudiantes) puis ai continué la route mais pas pour bien longtemps car après 15 kilomètres je me suis retrouvé coincé dans un village dont la sortie était bloquée par un défilé de carnaval. J'ai vu à plusieurs reprises des défilées colorés à Java, car la fête nationale est célébrée pendant un mois complet. J'y ai assisté quelques heures, ne pouvant m'échapper du village, avant d'être invité par un couple qui passait par là. Ils m'ont d'abord proposé de prendre un peu de repos chez eux, puis de passer la nuit, puis m'ont invité au restaurant et m'ont encore offert encore un délicieux petit déjeuner le matin et de la nourriture pour la route. Quelle gentillesse et quelle démonstration d'hospitalité! Ce fut l'occasion d'apprendre beaucoup de choses sur la vie locale et la culture musulmane (alors que Bali était indoue, Java est musulmane et c'est donc très différent au niveau de l'architecture, de la nourriture et du mode de vie). J'ai pu goûter du fromage de java, des bons coquillages, des fruits que je n'avais jamais goûté auparavant (dont l'étonnant fruit dragon et d'autres fruits que l'Indonésie n'exporte pas), ma pâtisserie préférée de java (un genre de crêpe avec des tranches de banane cuites à l'intérieur) et leur nourriture traditionnelle : riz poulet, riz poulet, poulet riz tous les jours du matin au soir, des "bakso" boulette de viande hallal, et d'autres plats qui mettent le feu à la bouche et que je n'ai parfois pas pu finir. Il semble que le degré de raffinement de leur cuisine se mesure à l'arachomètre, et c'était beaucoup trop raffiné pour moi. Le niveau de vie est très faible, il n'y avait dans pas de douche dans cette maison et ni chez les autres habitants du village, pas de climatisation, et le WC ne possédait ni chasse d'eau (on met de l'eau dans le trou avec un genre de pelle) ni papier WC (il faut s'essuyer avec les mains et se rincer avec la réserve d'eau, mais heureusement j'ai toujours un rouleau de papier essuie tout avec moi). De plus les gens travaillent en général 6 journées de 7 heures par semaine, n'ont que deux semaines de vacances par an et gagnent en moyenne 270 euros par mois d'après mes informations. Si vous trouvez qu'en France vous travaillez trop et ne gagnez pas assez, cela pourra vous faire relativiser!


English

I arrived on the island of Java on August 23 after a short ferry ride from Bali. While Bali was a very populated island, Java is even more populated... 141 million inhabitants and an area of ​​127,000 km²! With so many people, the roads were very congested and polluted, and not the best to travel by bicycle. In addition, the heat at 10 degrees south of the equator, and the near impossibility of the tent to bivouac (the only non-occupied spaces by human activities are the flanks of volcanoes with steep slopes) and feeding difficulties (almost impossible to do my own cooking) do not help. But decide to see the world by bicycle, and reduce my route to the easy parts of the world would have been assured of having regrets when rinding the last kilometers. I want to see the world as it is, not just as to where it suits me well. Also, one of the forces of life, and human life, is adaptability and it is always possible to find positive and take the best of what a region has to offer, to live a new travel experience and feel new emotions. The best at Java is up. At the top of volcanoes, where man could not install, left some untouched nature, and which, at 2000 meters above the bottom, the air is pure and almost cool. Climb to 2300 meters with a loaded bike was epic. The rise of 22 kilometers at 9% average asked very violent efforts and lots and lots of time, especially in the passages to 15% where even walking pushing the bike on roads that were no longer proved to be a galley unnamed. Long breaks every kilometer were the occasion to lower the heart rate and gather strength for the next kilometer. And finally, the Bromo, active volcano occurred to me, with its thick smoke reminiscent emerging like from a nuclear plant, surrounded by a large caldera (relatively flat, sandy area) where I had to push the bike for about ten kilometers the next day in the unique scenery, the sound of motorcycles that were also trying somehow to make a way into this place. The descent that followed to Malang was not a reward, the rear wheel was heated to the point of burning my finger and I had to make regular breaks to cool slightly. A Malang I had beautiful meetings with locals (Nina and Sisca, two students nice) and then went on the road again but not for long because after 15 km I got stuck in a village whose exit was blocked by a carnival parade. I have repeatedly seen colored scrolled to Java because the national day is celebrated for an entire month. I attended a few hours, unable to escape the village before being invited by a couple passing by. They first offered me to take a rest home, then spend the night, then invited me to the restaurant and yet still offered me a delicious breakfast in the morning and food for the road. What kind and what a demonstration of hospitality! It was an opportunity to learn a lot about local life and Muslim culture (while Bali was Hindu, Java is Muslim and it is very different for architecture, food and fashion life). I could taste java cheese, good shellfish, fruit that I had never tasted before (including the amazing dragon fruit and other fruits that Indonesia does not export), my favorite pastry java (a kind of pancake with banana slices fried inside) and their traditional food: chicken rice, chicken rice, chicken rice every day from morning to night, "bakso" meatball halal, and other dishes that give fire at the mouth and sometimes I did not finish. It seems that the sophistication of their cuisine is measured with the fire-meter, and it was much too refined for me. The standard of living is very low, there was no shower in this house nor in other villagers, no air conditioning, and the toilet had neither flush (we put water in the hole with a type of shovel) or toilet paper (it should be clean with your hands and rinse with water reserve, but fortunately I still have a roll of paper towels with me). In addition, people generally work 6 days 7 hours a week, have only two weeks of vacation per year on average earn 270 euros per month according to my information. If you find that in France you work too much and do not earn enough, it will do you in perspective!

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Article du lundi 26 septembre 2016 à 16h06

Etapes 646-656. Java (633 kilomètres) (2/2)

In english below...

Passé cette maison et ces braves gens que je ne suis pas près d'oublier, je me suis rendu chez d'autres particuliers à Madiun, un couple indonéso-norvégien (quel contraste!) inscrit sur warmshowers.org malgré qu'ils ne font pas de vélo. J'y suis resté deux nuits et ai profité de la journée pour continuer mon apprentissage de la culture javanaise avec Patmo qui m'a conduit tout l'après-midi à mobylette pour me montrer la région de Madiun, un endroit aménagé où l'on veut faire venir des touristes, un autre endroit de la montagne d'où l'on admire les couchers de soleil, puis m'a conduit dans la maison locale des étudiants d'un village pour me faire gouter une boisson locale, un jus de palme que l'on laisse fermenter (très bon) et me proposer des escargots que je n'ai pas essayé. Des enfants qui passaient pas là n'ont pas voulu venir me dire bonjour, ils avaient trop peur car c'était la première fois qu'ils voyaient un étranger! Des jeunes filles ont été plus courageuses, elles aussi n'avaient jamais vu d'étranger et elle furent toutes excitées et hystériques de me rencontrer et de me parler. Elle m'ont offert tout un tas de biscuits javanais traditionnels et c'est dans la joie et le bonne humeur que cette belle journée de pause à Madiun s'est achevée. Les rencontres humaines ont fait tout l'intérêt de ce parcours à Java. J'ai trouvé les indonésiens extrêmement agréables, on m'a dit bonjour à longueur de journée, des "Hello Mister!" auxquels je répondais parfois d'un coup de pouêt-pouêt ce qui les faisais instantanément exploser de rire! Il sont le coeur léger et le rire facile, les relations sont simples, basées sur le respect et l'amitié, et ce fût un grand bonheur de rouler chez eux, tapant parfois la main des enfants au bord de route, et distribuant à mon tour d'innombrables sourires et bonjour aux inconnus. La bonne humeur et la joie de vivre sont contagieux! L'authenticité et le merveilleux des rencontres ont atteint un sommet lors d'une crevaison sur les pentes du Bromo. A peine avais-commencé à démonter ma roue que des enfants qui jouaient à proximité ont instantanément arrêté leurs jeux pour aller voir ce que je faisais, avant d'aller appeler leurs amis : "venez voir les copains, il y a un cycliste qui répare un vélo! (en indonésien). Quelques instants plus tard, j'avais une dizaine d'enfants assis sagement autour de moi, leurs paires d'yeux écarquillés scrutant mes moindres gestes dans une grande patience. Ces enfants étaient adorables! Ma fin de parcours sur l'île fut l'occasion de gravir une nouvelle montée de 1800 mètres de dénivelé, avec des passages encore très difficiles, toujours pour aller chercher de l'air frais, éviter la circulation et voir un peu de nature, puis je me suis rendu du côté de Yogyakarta pour visiter des temples du Xeme siècle avant de prendre l'avion pour Singapour, mon séjour limité de 1 mois étant insuffisant pour m'y rendre en ferry. A Java, j'ai fais beaucoup de jours de pauses à cause de problèmes de santé bénins à répétition dus au fait de manger dans la rue n'importe quoi n'importe quand, mais peu importe, malgré la difficulté, je garderai d'excellents souvenirs de ce premier passage en Indonésie, les chants longs qui sortent des hauts parleurs des mosquées et qui enchantent toutes la ville, les volcans, la nature aussi un peu avec des sons étonnants et des arbres nouveaux en haut des montagnes, et tout ces gens dont les sourires m'ont mis le coeur en joie et en fête, tout cela à fait oublier les difficultés et m'a donné envie de revenir plus tard. Indonésiens, ce n'est qu'un au revoir, mes frères, ce n'est qu'un au revoir!



English Past this house and these good people that I will never forget, I went to see other people in Madiun. A indonéso-Norwegian couple (what a contrast!) registered warmshowers.org although they do no bike. I stayed two nights and took advantage of the day-off to continue my learning of Javanese culture with Patmo who led me all afternoon moped to show me the Madiun area, another part of the mountain where you can admire the sunsets, and then took me to the local students home from a village to make me taste a local drink, juice palm that is fermented (very good) and offer me snails I have not tried. Children who passed there have not wanted to come say hello, they were too afraid because this was the first time they saw a stranger! Girls were more courageous, they also had never seen a foreigner and they were all excited and hysterical to meet me and talk to me. She offered me a lot of traditional Javanese biscuits and it is in the joy and good humor that this beautiful day break in Madiun was completed. Human encounters were the interest of this bike tour in Java. I found Indonesian extremely pleasant. Indonesian told me "Hello Mister" all day long, which I sometimes answered with a blow of Pouêt-Pouêt which was folowed instantly by explode with laughter! They are light-hearted and easy laugh, relationships are simple, based on respect and friendship, and it was a delight to ride at heir java island, sometimes typing hands of children in roadside and distributing my turn countless smiles and hello to strangers. Good humor and happyness of life are contagious! Authenticity and wonderful encounters peaked on the slopes of Bromo. I had started to disassemble my wheel and children playing nearby were instantly stopped their games to see what I was doing before going to call their friends: "Come and see guys, there's a cyclist who repairs a bike! (in Indonesian). One moment later, I had a dozen children sitting quietly around me, their eyes wide pairs scrutinizing my every move in great patience. These kids were adorable! My late courses on the island was the opportunity to climb a new rise 1800 vertical meters, with even very difficult passages, in order to get fresh air, avoid the traffic and see a bit of nature, then I went towards Yogyakarta to visit the temples of the Xth century before flying to Singapore, my limited stay of 1 month was not enough to get there by ferry. In Java, I took a lot of day breaks because of health problems repeatedly due to eating in the street anything anytime, but regardless, despite the difficulty, I will keep wonderful memories of this first passage in Indonesia, long songs coming out of the loudspeakers of mosques and that delight all the city, volcanoes, nature also with some amazing sounds and new trees high in the mountains, and all those people whose smiles have set my heart to joy and party, all completely forget the difficulties and made me want to come back later. Indonesia it is not a goodbye, my brothers, this is just a goodbye! See you later!


Etape 646. Rogojampi - Jember. 95 kilomètres
Etape 647. Jember – Lumajan. 68 kilomètres
Etape 648. Lumajang – Montée Bromo. 55 kilomètres
Etape 649. Montée Bromo – Cemoro Lawang. 17 kms (asc.1500m env)
Etape 650. Cemoro Lawang – Malang. 49 kilomètres
Etape 651. Malang – Batu. 17 kilomètres
Etape 652. Batu – Kediri. 83 kilomètres
Etape 653. Kediri – Madiun. 81 kilomètres
Etape 654. Madiun -Sarangan. 43 kms (asc.1400m)
Etape 655. Sarangan - Suryakarta. 60 kms
Etape 656. Suryakarta - Yogyakarta. 65 kms


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Article du mardi 6 septembre 2016 à 15h41

Etapes 644-645. Bali.

J'ai atterri à l'aéroport international de Denpasar, sur l'île Bali, l'une des 17 508 îles que compte l'Indonésie, en provenance de Darwin, en Australie, le mercredi 17 août 2016 au soir, et j'ai réassemblé le vélo dans un parking souterrain de l'aéroport sous le regard d'un curieux qui m'a longuement observé. Le même regard interrogatif que j'ai eu moi-même quelques jours plus tard en assistant à une cérémonie religieuse indoue au coin d'une rue. C'est la rencontre de deux cultures très différentes, et après avoir parcouru 44000 kilomètres dans le monde "occidental" (bien que l'Australie soit en orient) il est bien venu de pouvoir maintenant découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux hommes. Pour faire mes premiers mètres en Indonésie je devais d'abord quitter ce parking. Il n'y avait qu'une seule route devant moi. Elle était en contre-sens avec deux flèches au sol dirigées vers moi. Comme il y avait deux policiers non loin je suis allé leur demander si on roule à droite ou à gauche dans leur pays, afin de ne pas reproduire l'erreur de Sydney. Ils m'ont répondu en me demandant où j'allais, j'ai répondu à Kuta et ils m'ont indiqué la route en contre-sens, en roulant lentement à droite, puis de prendre à droite à la prochaine intersection. Des policiers qui m'indiquent un sens interdit, je n'aurais jamais imaginé cela possible! Bienvenue en Indonésie. J'ai donc débuté l'Indonésie à contre sens jusqu'à la première intersection où je devais traverser la route. J'ai manqué d'être percuté une mobylette qui arrivait en silence derrière moi. Vu que j'étais en sens interdit je n'avais pas imaginé qu'un véhicule puisse arriver de derrière! J'ai rapidement compris qu'en Indonésie, les vélos et les mobylettes ont tous les droits et peuvent rouler sur les voies qu'ils veulent et dans le sens qu'ils veulent, et même sur les trottoirs. La circulation est tellement dense et lente, et le trafic tellement dominé par les mobylettes (75% des véhicules) que chacun tente de faire sa place comme il peut sans règles bien établies ou respectées. J'ai souvent été doublé de très près (quelques centimètres) par des mobylettes car les routes sont étroites et les bas-côtés sont en mauvais état (souvent des trous ou des gens qui stationnent n'importe comment). Mais comme la circulation est assez lentes, et que les gens sont cool, courtois et de bonne humeur malgré le trafic, je ne me sens pas en danger. Le danger principal est moi même, car ayant passé plus de la moitié de ma vie dans la lune, je dois m'efforcer à ne jamais relâcher l'attention et à bien garder ma ligne, une ligne droite serrée à gauche de la gauche (en Indonésie on roule à gauche). J'ai fait une pause au premier distributeur de billet pour retirer de la devise locale, des roupies indonésiennes, dont je n'avais aucune idée du cours. J'ai demandé 1 200 roupies. Ce fut accepté et la machine m'a retourné une liasse de billets (24) de 50 000 roupies (en fait 1 200 000 roupies soit 80 euros en 24 billets de 3,3 euros). Avec un million en poche et autant de billets de la plus grande coupure disponible je me suis senti riche! Le coût de la vie est faible ce qui m'a permis de manger dans des restaurants (en général une grosse louche de riz à laquelle on ajoute ce qu'on veut comme feuilles ou légumes verts, soupes, poissons et viandes) et déguster de délicieux jus de fruits tropicaux glacés composés d'un mélange de fruits frais pressés devant moi. J'en ai bu plusieurs fois par jour et ce fût un vrai régal. J'ai trouvé sans difficultés une solution provisoire pour ma dynamo de moyeu en panne. Etant de passage devant un magasin de vélo, j'ai exposé le problème. On m'a demandé de patienter 5 minutes puis on a pris mon vélo, travaillé 2 heures et demi dessus pour retirer la dynamo, essayé sans succès de la réparer, mettre un nouveau moyeu et re-rayonner la roue, tout en m'apprenant quelques mots d'indonésien, m'offrant des cafés et même un tee-shirt. Coût de la réparation : 5 euros pour le nouveau moyeu shimano et la main d'oeuvre offerte car on est heureux d'aider un voyageur de passage. Je suis resté 4 jours à Denpasar, la plus grande ville de Bali, et à Kuta, banlieue touristique et festive au bord de la mer, avec beaucoup d'australiens qui viennent ici boire et faire la fête pour pas cher. Outre la nourriture, j'ai apprécié la vue de ces innombrables temples indous, bien qu'abimés par le temps et noircis par la pollution, et ces mignons petits paniers d'offrandes multicolores composés de fleurs et de nourriture qui fait la joie des fourmis locales. Aussi, les statues géantes au milieu des ronds points sont une curiosité. J'ai toutefois limité les déplacements, extrêmement difficiles à cause du trafic continu et très dense, de l'impossibilité de traverser certaines routes (quasi absence de feux de circulation ou de passages piétons, et autres infrastructures comme des ponts) et de l'insupportable pollution qui rend l'air irrespirable et m'a obligé à rouler en quasi-apnée au milieu des autres usagers de la route qui portaient souvent un genre de masque de chirurgien devant le visage pour filtrer les particules. J'ai finalement quitté Denpasar pour aller trouver deux jours plus tard un ferry pour l'île de Java. La route s'est faite 100% en milieu urbain néanmoins dans les derniers kilomètres de ce parcours il y eut un peu de verdure et j'ai vu des singes en liberté au bord de la route. J'ai été heureux de constater qu'un animal sauvage ait pu survivre à cette marée humaine, mais j'ai appris plus tard que j'étais dans un parc dans lequel les singes sont volontairement maintenus pour attirer les touristes.

Etape 644. Kuta – Suraberata. 57 kilomètres
Etape 645. Suraberata – Rogojampi (Java). 103 kilomètres


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Article du samedi 13 aout 2016 à 13h37

Etapes 601 - 619. Mount Isa – Dunmarra - (Darwin) (966 kms)

C'est avec un vélo chargé à l'extrême (35 kilogrammes d'alimentation, dont 9 litres d'eau et 6 kg d'oranges) que j'ai quitté Mount Isa à une allure d'escargot pour continuer la route dans l'outback (arrière-pays) australien, le prochain magasin d'alimentation étant à plus de 700 kilomètres. La chance m'accompagne en Australie. Le vent du sud-est qui m'est favorable depuis Brisbane a continué de me pousser, et après avoir cassé la tige de la roue arrière à 500 mètres de l'unique magasin de sport à 800 kilomètres à la ronde, j'ai également été chanceux de trouver beaucoup d'affaires au bord de la route : deux paires de lunettes de soleil, un rouleau de scotch bien pratique, un couteau de cuisine, un bon maillot de sport et une veste féminine de qualité avec poches intérieures, capuche, des inscriptions en français et un écusson FRA de l'équipe de France. N'allez pas imaginer cependant une seconde que le fait que je trouve des affaires signifie que je n'en perds plus. En contrepartie j'ai rendu à la route ma nouvelle chemise à carreau, mon couteau suisse auquel je tenais beaucoup (cadeau de noël avec une fonction scie à bois qui me rendait régulièrement de bons services), un autre couteau et d'autres affaires de moindre importance. J'ai évité de peu pour la deuxième fois une morsure de serpent : un soir je venais de finir de planter la tente dans la brousse et j'ai vu à 1 mètre de l'entrée de la tente une moitié de serpent immobile sortie de terre,l'autre moitié et la tête restant enterrés. Je suis passé trois fois devant lui pour des navettes vélo-chambre mais pour le dernier trajet le serpent était complétement sorti de terre et me regardait bizarrement. S'il était beaucoup moins impressionnant que le serpent brun (seulement 1 à 2 cm de diamètre pour environ 2 mètres de long) il ne faut pas oublier que plus d'un serpent sur deux est venimeux dans la région alors j'avais de bonnes chances de dire adieu à ce superbe monde en cas de morsure. Je n'ai eu d'autre choix que de passer devant pour rentrer dans la tente, plongeant la tête la première dans la chambre et fermant à vitesse grand V la fermeture éclair, heureusement réparée quelques jours plus tôt avec un étau dans le garage où j'ai dormi. Terrorisé, j'ai mis bien longtemps avant de m'endormir. Cet évènement qui a mis un peu d'animation le long de ce long parcours sans intérêt fut complété par la rencontre d'autres voyageurs intéressants du même esprit que moi, et un grave problème mécanique qui m'a cette fois laissé en rade au beau milieu du désert. Jusque là les quelques cyclistes à sacoches que j'avais rencontré en Australie étaient la plupart des jeunes japonais en working holiday visa. Ils travaillent un peu et cela leur paie leur année de vélo autour de l'Australie. Ils disent tout juste bonjour, et quand j'arrive à leur faire dire deux phrases, il s'empressent de me prendre en photo et de me demander en ami sur facebook avant de continuer leur chemin. Ils viennent ici pour la langue anglaise, les routes plates et le désert, ce qui leur change de leur pays montagneux et densément peuplé. Il y eu plus d'échanges avec John un peu plus loin. John est un marcheur impressionnant qui tire une charrette d'un poids de 100 à 200 kilogrammes (il transporte jusqu'à 44 litres d'eau) le long d'un parcours de 5000 kilomètres à travers l'Australie. Habitué aux longues marches avec sa femme, il a perdu sa femme d'une leucodystrophie et réalise seul une dernière marche pour sensibiliser à la cause de cette maladie. Joli. Un peu plus loin, à "Three ways" ce sont trois longs chemins qui se sont croisés : celui de Matthew, australien de 45 ans, 38000 kilomètres depuis les Pays-Bas, celui de Clément, savoyard de 25 ans, 40000 kilomètres depuis la France et qui roule par portions avec Matthew, et le mien, à 43000 kilomètres désormais. Une rencontre qui tombait bien car Clément est passé par le Népal et m'a donné beaucoup d' infos utiles pour la route jusqu'à ce pays. Son voyage est très inspirant, si je ne suis encore qu'un tranquille promeneur de planète, sans histoire et qui n'en cherche pas, lui est un véritable aventurier qui va rouler dans les zones interdite en Birmanie et arrive à semer 24 personnes qui tentent de l'escorter (vraisemblablement des forces gouvernementales) mais se fait rattraper par une 25ème, préfère traverser l'Inde en buvant l'eau locale et avoir des diarrhées plutôt que d'acheter des bouteilles en plastique qui font finir dans le Gange et dans l'océan, et qui, lorsque je l'ai rencontré près du camping où j'avais posé la tente, fixait des demi-semelles de sandales sur ses pédales dans le but de rouler pieds nus et faire une journée 100% à poil, et bien d'autres (lire son blog). Alors que nous avions commencé à discuter nous avons été rejoins par deux jeunes françaises qui passaient par la en van. Impressionnées par nos histoires elles nous ont offert leur saucisson sec tout juste arrivé de France et voulaient nous donner toutes les affaires de leur van dont nous pourrions avoir besoin, quitte à racheter plus tard! Quelle chouette rencontre et quelle gentillesse! Ici plus qu'ailleurs les automobilistes sont impressionnés par les cyclistes car ils trouvent déjà le temps très long dans leur véhicule. Il n'y en a pas un qui ne me fasse pas un signe de la main ou un coup de klaxon en me croisant. Le lendemain j'ai fais 50 kilomètres pour rien pour aller chercher un supermarché à Tennant Creek, celui ci ayant fermé tout l'après-midi sans raison, avant de refaire ces même 50 le lendemain matin (un aller-retour de 25) et décamper pour prendre la route du nord. Les problèmes mécaniques ont gâché la fin du parcours. Après 30 000 kilomètres bien chargé mon vélo rencontre des problèmes inhabituels. Après les roulements à bille du pédalier (Townsville) et l'axe de la route arrière (Mount Isa) ce sont cette fois les roulements de l'intérieur de la dynamo de moyeu, à l'avant, qui ont rendu l'âme. Depuis Townsville je roulais avec une roue avant qui penchait légèrement à gauche et appuyait sur les patins de freins. Un problème irréparable car seul un retour constructeur de la dynamo en Allemagne après un démontage difficile et coûteux, pouvait résoudre le problème et cela aurait pris des semaines. Alors après Mount Isa je n'ai eu d'autre choix que d'enlever les patins de freins avant pour laisser plus d'espace à la roue. Conséquence : la dynamo est tombé en panne (plus possible de rouler de nuit ou de recharger le smartphone et d'avoir de la musique sur le vélo), et, pire, la roue s'est alors mise à frotter contre la pièce métallique qui tient les patins...Chaque jour un peu plus fort. Comme j'avais le vent dans le dos et que je pouvais toujours avancer j'ai continué avec un bruit qui imitait tantôt celui d'une locomotive à vapeur, tantôt celui d'une machine à coudre, d'une tronçonneuse ou d'un marteau piqueur, et de fortes vibrations dans la poignée gauche. Cela m'a beaucoup ralentit : un jour j'ai bataillé de l'aube au crépuscule dans ce vacarme insupportables, et malgré le vent dans le dos à la fin de la journée je n'avais fais que 55 kilomètres! Il a fallu se rendre à l'évidence et accepter l'aide de Rhys pour me conduire d'abord dans un camping à 100 kilomètres, puis à Darwin trois jours plus tard. Je reste maintenant quelques jours dans cette ville avant de prendre l'avion pour Bali et découvrir l'Indonésie. Restez branché sur ce blog, de nouvelles aventures palpitantes et de belles photos sont à venir!



Une très grosse pensée pour Laurence Merchie, voisine de mon papa et fidèle lectrice de ce blog qui nous a quitté bien trop tôt. J'aimais beaucoup recroiser son sourire lors de mes pauses hivernales. La vie est tellement injuste!

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Article du mardi 9 aout 2016 à 12h52

Etapes 601 - 619. Townsville – Mount Isa (903 kms)

J'ai quitté la côte Pacifique à Townsville après trois nuits chez Kay dans une très belle maison. Direction l'intérieur des terres vers Darwin, ville portuaire du nord située à 2500 kilomètres. Peu de monde vit à l'intérieur de l'Australie, il y a un petit village tous les 150 kilomètres environ, je dois donc transporter beaucoup d'eau, jusqu'à 16 litres en quittant Charters Towers, une jolie petite ville qui s'est construite autour de l'exploitation de l'or. L'Australie est très riche en ressources naturelles (ils ont tout) et dans les terres c'est l'industrie minière (zinc, plomb, argent, et or dans cette région) qui a fait venir des gens. Quelques frisons ont pimenté mon parcours dans la région. On m'avait prévenu qu'il y avait des animaux dangereux en Australie mais comme les locaux minimisent les risques et disent que les serpents ont peur de moi je ne m'en inquiétais pas trop jusqu'au jour où je suis passé en vélo à un mètre d'un serpent brun, un gros serpent (brun) à sale tête qui est le deuxième serpent le plus vénimeux au monde! Cela m'a bien refroidi! Le téléphone ne passait pas et j'étais loin de tout hôpital. Le lendemain la foudre a bien failli me tomber sur la tête. En fin de journée je quittais un petit village après avoir admiré un de ces splendides couchers de soleil dont l'Australie a le secret, sur un ciel lourd, orageux et multicolore. Alors que j'avais quitté le village j'ai commencé à entendre des coups de tonnerre, j'ai donc rebroussé chemin et en entrant dans le village la foudre est tombé juste à côté de moi sur ma droite! Je fus choqué, le son et la lumière se sont produit en même temps dans un craquement sec, les gens sont sortis mais on n'a pas su exactement où c'était tombé. J'étais sur la route sur mon vélo métallique et n'ai pas vraiment vu venir cet éclair car l'orage semblait encore assez loin. J'ai planté la tente sur une pelouse communale et ai très peu dormi la nuit, allant trouver refuge dans la station service toute proche quand l'orage revenait. Cet orage m'a coûté ma batterie externe d'ordinateur car pour limiter le risque d'être foudroyé dans la tente j'ai démonté la petite table en aluminium sur laquelle dorment habituellement mon ordinateur et le matériel informatique et j'ai tout posé par terre. Au réveil le matin la pelouse était inondée et en raison d'un petit trou que je n'ai jamais pris le temps de réparer dans le sol de la tente, l'eau est monté dans la chambre, inondant tous mes vêtements et le matériel informatique. J'ai aussi du rester trois jours sans utiliser l'ordinateur afin qu'il sèche complétement. Le lendemain j'ai été invité par Angie à dormir une seconde nuit dans le village dans un grand garage pour être au sec et éviter les orages le soir suivant. En soirée des travailleurs aborigènes qui logeaient non loin m'ont vu dans le garage. Ils m'ont invité chez eux et m'ont offert beaucoup de whiski et ce fut l'occasion d'en apprendre un peu plus sur le peuple qui vivait là en premier et de constater qu'il sont d'une très grande gentillesse et hospitalité! J'ai ensuite pu continuer ma route normalement jusqu'à Mount Isa. Cet épisode pluvieux d'une semaine, anormal pour la saison, à mis beaucoup de boue dans les champs, sur mon vélo et mes affaires. J'étais tout crotté de partout et toutes mes affaires étaient peintes d'un joli brun. Jamais deux sans trois et après avoir évité une morsure de serpent et un foudroiement j'ai également évité de justesse un ennui majeur. En effet pendant sept jours j'ai remis 200 coups de mini-pompe tous les matins dans mon pneu arrière qui se dégonflait très lentement et parfois aussi un peu pendant la journée car cela suffisait et je pensais toujours faire la réparation complète "le jour suivant". Puis à Mount Isa, seule localité de plus de 1000 habitants (65 000) le long des 2000 kilomètres entre Townsville et Katherine, j'ai fais la réparation juste avant de repartir, puis en remontant la roue sur le vélo et en serrant un boulon la tige métallique qui traverse l'axe de la roue a cassé net! Heureusement que je n'ai pas fait cette réparation les jours précédents car j'aurais été en rade en plein désert! Les paysages sur ce parcours furent variés, parfois boisés, parfois de grandes plaines sans rien, et d'immenses pâtures de vaches qui ont peur de moi. Malheureusement toujours autant de kangourous morts au bord des routes c'est un vrai carnage. Peu de trafic, essentiellement des sympathiques retraités qui conduisent des caravanes et tentent de m'aider comme ils peuvent, ainsi que des "trains de route" (road trains) formé d'un camion qui tire 3 remorques et qui me font une bonne aspiration quand ils me doublent, et quelques voitures individuelles bien chargées pour une longue route.

Ci-dessous une petite vidéo relaxante de 19 minutes sur le trajet entre Copenhague et Brisbane. Bon visionnage!

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Un flochon qui roule



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